Actualité Santé - Médecine
 

Un traitement anti-paludisme bordelais.
Le paludisme, également connue sous le nom de malaria, tue chaque année plus d’un million de personnes et accapare 40% du budget santé en Afrique. Les traitements actuels sont lourds, chers et nécessitent la prise de 8 cachets par jour pour un adulte. L’université Victor Segalen Bordeaux 2* a mis au point un nouveau médicament, l’ASAQ, développé par la PME pessacaise Ellipse Pharmaceuticals et distribué par Sanofi Aventis. Il s’agit d’un comprimé bicouche, qui réunit les deux principes actifs agissant contre la maladie (Artésunate et Amodiaquine). Cette innovation est des plus importantes car elle va fortement alléger le traitement. Il sera limité à deux cachets par jour pour un adulte et à un seul pour les enfants, pendant une durée de trois jours. Trois dosages différents ont été développés spécifiquement pour les enfants de 3 mois à 13 ans. Les mamans qui ont aujourd’hui plutôt tendance à partager les médicaments entre leurs enfants auront plus de facilité à respecter les doses du traitement. L’ASAQ constitue donc une opportunité pour lutter plus efficacement contre la mortalité infantile. Les inventeurs ont accepté de ne pas breveter leur procédé, et le médicament sera commercialisé par Sanofi Aventis au prix de 1$ pour l’adulte et de 0.50$ pour l’enfant.
(27 juil 2007)

* Projet Dirigé par le Dr. Pascal Millet, Equipe d’Accueil 3677, Base Thérapeutique des Inflammations et des Infections (Directeur Pr. Djavad Mossalayi), et financé conjointement par l’Organisation Mondiale de la Santé, la Fondation Drugs for Neglected Diseases Initiative (DNDi), et l’Union Européenne.

Traiter les animaux pour lutter contre la maladie du sommeil
Société internationale de pharmacie vétérinaire, Céva Santé Animale, basée à Libourne, s’implique depuis quelques mois dans un programme de lutte contre la maladie du sommeil en Ouganda. Réservoir principal de parasites de cette grave maladie humaine, le bétail est tout d’abord traité par des injections fournies gratuitement par Céva. L’entreprise permet ensuite de traiter les bovins par des pulvérisations insecticides mensuelles, opération pour laquelle les éleveurs sont formés. En effet les mouches tsé-tsé doivent être éliminées car c’est elles qui transmettent par leurs piqûres les parasites Trypanosomes du bétail à l’homme. Traiter l’animal pour prévenir la maladie humaine est un concept qui a déjà été testé avec succès à petite échelle par l’Université d’Edimbourg. L’université écossaise est maintenant partenaire de l’expérimentation ougandaise qui s’étend à 200.000 têtes de bétail et s’appuie sur l’université de Makerere et les services vétérinaires locaux. Après l’efficacité scientifique, c’est maintenant le suivi des procédures sur le terrain qui est testé. Si les résultats sont satisfaisants l’opération dont Céva est partenaire, sera étendue à tout le pays, soit environ un million de têtes de bétail. L'Ouganda est le seul pays d'Afrique où les deux formes humaines de la maladie du sommeil co-existent : la forme chronique et la forme aiguë. La première, présente au Nord et à l'Ouest du pays, est due au genre Trypanosoma gambiense. Principalement au Sud et à l'Est du pays, la forme aiguë, qui est due au genre T. rhodesiense, entraîne la mort en moins de 6 mois et tue plus de 100 personnes par jour en Afrique inter-tropicale. L'augmentation de l'importance des mouvements d'animaux et de personnes du Sud vers le Nord a considérablement réduit la distance séparant initialement ces deux formes de la maladie du sommeil et l'incidence de la forme aiguë a fortement augmenté au cours des dernières années. Si les deux formes venaient à se combiner, le diagnostic et le traitement de la maladie seraient alors sévèrement compromis. (12 juin 2007)


Crédit Photo : CEVA SANTE ANIMALE


Crédit Photo : CEVA SANTE ANIMALE

Ils scrutent le cerveau…
Les recherches sur le cerveau, les neurosciences, font partie des domaines d’excellence des scientifiques bordelais, avec le laser, le vin, l’aéronautique… Depuis quelques semaines, une nouvelle impulsion a été donnée à ce secteur avec l’ouverture d’un centre de recherche spécialisé, qui a pour objectif de devenir « une véritable plaque tournante pour la communauté européenne des neurosciences ». Etudier les mécanismes des maladies du cerveau, telle est la mission du centre « Physiopathologie en plasticité neuronale », centre mixte de l’Inserm et de l’Université Victor-Segalen Bordeaux 2. Mémoire, douleur, toxicomanie, maladie d’Alzheimer et schizophrénie, sont parmi les nombreux sujets sur lesquels se penchent une soixantaine de chercheurs répartis en huit équipes. L’approche est multidisciplinaire afin de mener des investigations à trois niveaux : comment l’individu réagit-il face à une modification de son environnement, comment les neurones communiquent-ils entre eux, et enfin, que se passe-t-il à l’intérieur des neurones. Depuis plusieurs années déjà, les équipes travaillant sur les neurosciences à Bordeaux étaient structurellement regroupées dans l’Institut des neurosciences de Bordeaux (Université Bordeaux 2, Inserm, Inra, CNRS, CHU). Certaines équipes étaient installées dans l’Institut François Magendie, un bâtiment récent du campus Carreire de l’Université Bordeaux 2 qui abrite aussi des services communs et la direction régionale de l’Inserm. Le nouveau centre de recherche, qui fait toujours partie de l’Institut des neurosciences permet de décloisonner les équipes Inserm / Université Bordeaux 2 qui ont maintenant une direction scientifique commune. Le statut de Centre de recherche permet également d’offrir un espace d’accueil à de nouvelles équipes. 1500 m2 dans l’Institut François Magendie leur sont dédiés. Ainsi trois nouvelles équipes ont intégré le centre à sa création, et une autre devrait arriver en 2007. Pier Vincenzo Piazza, qui dirige le nouveau centre, espère ainsi intégrer une à deux équipes par an pendant 4 ans, et ainsi créer une dynamique et entretenir l’excellence. Autres ambitions du nouveau centre de recherche : une plus forte interaction avec l’industrie et le développement de la vulgarisation scientifique vers le grand public. (10 janvier 2007)

 

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