Actualité Santé - Médecine
  

 

Une avancée dans la détection des caillots sanguins

Maladie relativement fréquente, la formation de caillots sanguins (thrombose) peut parfois devenir grave, voire fatale si elle n’est pas détectée à temps. Grâce au nouveau procédé ANNEXTOOLS, il est désormais possible d’améliorer le diagnostic. Il s’agit de quantifier les particules sanguines reflétant l’ « état à risque » d’un patient. L’intérêt ? Plus il y a de ces particules dans le sang, plus le patient a de risques de faire une thrombose. Mais de quoi s’agit-il au juste ? Annextools est une molécule, ou plutôt un assemblage de molécules. Mis au point par Rémi Berat et Alain Brisson de l'Université Bordeaux 1/CNRS*, avec le soutien de l’Incubateur Régional d’Aquitaine (IRA), cet outil moléculaire est constitué d’une protéine, l’annexine A5, couplée à une nanoparticule d’or. Il suffit de mélanger une goutte de sang prélevée chez le patient avec cet assemblage, et celui-ci va se fixer sur les particules « à risque ». Comme l’assemblage contient une nanoparticule d’or colorée, on peut détecter leur présence dans le sang, et, encore mieux, quantifier les particules responsables de l’état à risque du patient. Ainsi, le diagnostic est nettement plus précis qu’auparavant, ce qui permet d’optimiser les traitements prescrits. (16 juin 08)

* L'équipe d'Imagerie Moléculaire et NanobioTechnologie (LIMNT/IECB) et Laboratoire de Chimie et Biologie des Membranes et Nano-objets (CBMN) 

Mieux évaluer l’impact des agents génotoxiques sur l’ADN

Afin de déceler les différentes anomalies susceptibles d'être induites au niveau de l'ADN par des agents dits génotoxiques (tabac, virus, pollution, UV, etc.), le test du micronoyau est largement utilisé. Il permet de mettre en évidence à la fois les mutations chromosomiques (cassure), et les mutations génomiques (perte de chromosomes). L’innovation ATOXIGEN vise à optimiser ce procédé grâce à une automatisation informatique par un logiciel d'analyse d'images cellulaires. Initié par Saadia Berrada, docteur de l'Université Bordeaux 2, et François Pellegrini, enseignant chercheur à l'ENSEIRB, ce système autopiloté permet une réduction du temps d'analyse d'un facteur de 2 à 4, mais également le passage en routine des tests, une meilleure fiabilité de comptage, une saisie automatique des résultats, et enfin, une réduction des coûts. Soutenu par l’IRA1, et conduit en partenariat avec l'Institut des Sciences Moléculaires (ISM)* et le Groupe de Physico et Toxico-Chimie de l'Environnement (LPTC)2, le projet d’entreprise ATOXIGEN a pour but de commercialiser des kits de tests, et de développer à terme un modèle de plateforme innovante et compétitive au niveau international. (22 mai 2008)

1 Incubateur Régional d’Aquitaine
2 Université Bordeaux 1 / CNRS


Crédit photo : M. Kirsch-Volders

Abdelhamid Benazzouz récompensé pour ses travaux sur la maladie de Parkinson
Membre du laboratoire Mouvement, Adaptation et Cognition* et directeur de recherche INSERM, Abdelhamid Benazzouz a reçu en Février le prix François Lhermitte de l'Académie des Sciences pour ses travaux sur la physiopathologie et la recherche de nouvelles approches thérapeutiques de la maladie de Parkinson. Ses premières études dans les années 90 sur la stimulation à haute fréquence du noyau sous-thalamique chez le singe ont permis d’opérer de nombreux patients dans le monde, pour lesquels les effets bénéfiques thérapeutiques sont toujours stables. «  Des stimulations électriques de 130 Hertz bloquent l’activité des neurones et permettent ainsi de mieux contrôler leur fonctionnement. Il est même possible d’ajuster le voltage des stimulations afin d’adapter le traitement à chaque patient », explique le chercheur.  Une nette amélioration des symptômes moteurs cardinaux (rigidité, akinésie et tremblement) a pu être constatée. Cette méthode est d’ailleurs utilisée avec succès dans d'autres pathologies comme les dystonies, l'épilepsie, la dépression ou les troubles obsessionnels compulsifs (TOC). Abdelhamid Benazzouz et son équipe s’intéressent aujourd’hui aux mécanismes fonctionnels de cette stimulation cérébrale, ainsi qu’à l'implication des récepteurs dopaminergiques au sein des ganglions de la base dans la maladie de Parkinson. (20 mai 2008)  

* MAC UMR5227 - Université Bordeaux 2 / Université Bordeaux 1 / CNRS


Des espoirs contre la maladie du sommeil.
Entre 50 000 et 70 000 personnes dans le monde, surtout en Afrique sub-saharienne, sont infectées par la maladie du sommeil. Transmis par la piqûre de la mouche tsé-tsé, un parasite appelé trypanosome provoque des troubles des cycles du sommeil jusqu’à la mort de la personne infectée. Aucun vaccin n’a encore pu éradiquer cette maladie mortelle. Des chercheurs du CNRS-Bordeaux viennent cependant de trouver, après trois années de recherche, « le talon d’Achille » de ce parasite qui vit dans le sang, la moelle osseuse et une zone spécifique du cerveau nommée liquide céphalo-rachidien. L’équipe bordelaise du docteur Derrick Robinson, chargé de recherche CNRS au laboratoire "Microbiologie cellulaire et moléculaire et pathogénicité ", a réussi en effet à identifier une protéine au sein du parasite qui s’avère essentielle à sa survie. Appelée Bilbo1, cette protéine est, de fait, nécessaire à la genèse de la poche flagellaire du parasite, poche qui lui permet de se déplacer et surtout de s’alimenter. Il suffit donc de bloquer Bilbo1 pour que le parasite, ne pouvant se nourrir ni se reproduire, soit anéanti. Tout n’est pas pourtant pas si simple. Reste à finaliser, ces prochaines années, les travaux de recherche et mettre au point un traitement thérapeutique utilisant cette protéine comme nouvelle cible pour des médicaments trypanocides. (15 mai 2007)

Marquage par immunofluorescence de BILBO1 (vert), des
flagelles (rouge) et des noyaux (bleu) superposé avec le
contraste de phase de quatre parasites en culture. ã Mélanie
Bonhivers / CNRS

 

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