Actualités de l'industrie

 

Micro-avalanches et mayonnaise Comment coule une mayonnaise ?

Comment s'étale une crème de beauté ? Comment s'écoule le ketchup? C'est sur ces phénomènes que plusieurs scientifiques de quatre laboratoires (1) ont planché. Le résultat de leurs travaux, publié dans la revue Nature du 3 juillet 2008, permet désormais de mieux saisir les mécanismes d'écoulement de ces matériaux dits "amorphes". Caractérisés par une structure moléculaire destructurée comme un liquide mais ayant paradoxalement un aspect solide, ces matériaux se comportent, en effet, différemment suivant leur confinement et la force exercée sur celui-ci. En quelque sorte, si on retourne un pot de mayonnaise, elle reste solide, si on secoue le pot avec force, elle s'écoule et devient liquide. "En sachant cela, on a étudié à l'échelle microscopique l'écoulement de ces matériaux et on a mis en évidence une forme de procédé d'avalanche, soit l'apparition de petites fractures qui entrainent un écoulement coopératif", décrit Annie Colin, professeur à Bordeaux I et chercheuse au sein du Laboratoire du Futur. "Mesurer la portée de ces petits évènements d'avalanches suivant le confinement et la force exercée va ainsi nous permettre, par exemple, d'améliorer l'étalement des crèmes de beauté en les rendant plus ou moins élastiques ou de travailler sur la surface d'épaisseur des peintures".

(1) Laboratoire du Futur (Rhodia, CNRS, BordeauxI), Laboratoire de physique de la matière condensée et nanostructures (CNRS-université de Lyon), Laboratoire central des Ponts et Chaussées (Université de Marne la Vallée), Laboratoire Gulliver (ESPCI). (11 juillet 2008)

Des alchimistes culinaires

Chaque année, depuis cinq ans, les étudiants de l’ISTAB, l’Institut des Sciences et Techniques des Aliments de Bordeaux I, relèvent le défi de concocter les « aliments de demain ». La recette en est simple : imaginer une formulation culinaire innovante, ajouter un savoir en physique-chimie, réaliser des tests microbiologiques et des analyses bactériologiques et enfin ne pas oublier une bonne pincée de marketing. Pour créer ces produits sensés être commercialisables et équilibrés nutritionnellement, les étudiants, futurs cadres d’entreprises en agroalimentaire, ont d’ailleurs, pour la première fois, collaboré avec des élèves ingénieurs en Chimie et physique de l’ENSCPB (cette collaboration préfigurant la fusion de ces deux écoles dès septembre prochain). L’édition 2008 des « aliments de demain » n’a pas manqué de panache : tiramisu de légumes, macarons garnis de pâtes fromagères, mini-éclairs fourrés au foie gras et nappés à la figue… Trois concepts ont été retenus pour participer au concours national Trophelia : Perlice, une crème vanille-framboise mêlée à des perles du Japon, petites graines transparentes de fécule de manioc ; « Simon, c’est si bon », soupe de divers légumes cuits à la façon risotto; ToastyFolie’s, mini-biscottes à la tomate et au basilic. Seront-ils bientôt dans nos caddies ? (24 mai 2008)


Fin avril 2008, les étudiants de l’ISTAB de Talence, ont présenté
des aliments innovants conçus dans le cadre de leurs études.

Quand l’électricité jaillit des déchets !

Les résidus de déchets triés finissent généralement leur vie broyés et enfouis dans le sol. Un nouveau procédé, unique en France, va voir le jour pour transformer ces déchets en gaz puis en électricité. Une unité de gazéification devrait être opérationnelle courant 2009, à Morcenx (Landes), sur le site d’Europlasma. Cette société se fait fort de venir à bout des déchets les plus dangereux tel l’amiante en utilisant la technologie de la torche à plasma. Leur procédé de gazéification s’appliquera, lui, à des déchets industriels dits « banals ».. Placés dans un four au volume d’air réduit, ces derniers, soumis à une chaleur de 880°, se consument sans brûler « telle une bûche en fin de feu». Tous les éléments organiques contenus dans les déchets sont alors convertis en gaz de synthèse composé de monoxyde de carbone (CO) et de d’hydrogène (H2). Grâce à la torche à plasma, ces gaz sont ensuite chauffés de 900 à 1100° pour éliminer les goudrons. Une fois « purifiés », ils partent alimenter des turbines produisant de l’électricité. Ce procédé se révèle beaucoup plus efficace en production d’énergie qu’un incinérateur alimentant des turbines à vapeur. Mais, surtout en l’absence de combustion des déchets, les émissions polluantes sont quasi nulles. Près de 150t de déchets par jour devraient être traités pour une production de 12 mégawatts d’électricité revendus à EDF. (19 mai 2008)


La torche à plasma, soufflant un air à plus de 4000°,
est un des éléments clé du procédé.


 

  


   

 



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