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Des
parures en coquillages vieux de 80 000 ans
Une mission internationale et
multidisciplinaire, à laquelle a participé le chercheur bordelais Francesco
d'Errico du laboratoire « De la préhistoire à l'actuel : culture,
environnement et anthropologie » (1), ont exhumé des parures de coquillages
peints et perforés datant de 80 000 ans, sur quatre sites archéologiques au
Maroc.
Cette découverte est importante car elle
permet de progresser dans la compréhension de l’origine des comportements
humains modernes. Les parures sont en effet considérées comme une preuve de
l’acquisition d’une pensée symbolique. Cette découverte confirme les résultats
des fouilles de ces dix dernières années en Afrique du Sud, du Nord et du
Proche Orient où des coquillages perforés ont été trouvés. Auparavant, on
pensait que les plus anciens ornements dataient de 40 000 ans en Europe
(Paléolithique supérieur).
Pour savoir si les coquillages récemment
trouvés avaient été perforés par les hommes, les chercheurs les ont comparés
avec les coquillages actuels de la même espèce. Tous les coquillages anciens
présentent des usures, non présentes à l’état naturel, qui seraient dues au
port prolongé d’objet de parures. Certains conservent d’ailleurs les marques
d’outils en pierre utilisés pour les perforer. La plupart de ces coquillages
ont des traces d’ocre ou sont noircis par une action de chauffe ce qui indique
qu’ils ont pu être chauffés avec de la matière organique pour créer des
parures avec de perles de coquillages de couleurs différentes.
(31 août 2009)
(1) Laboratoire PACEA (Université Bordeaux
I / CNRS / Ministère de la Culture et de la Communication / INRAP).
Extinction
de l'homme de Neandertal : l'hypothèse climatique exclue
C’est
un algorithme réservé jusqu'à présent à la prévision de l'impact des
changements climatiques sur la biodiversité qui a permis à une équipe
multidisciplinaire franco-américaine de réfuter l’hypothèse climatique comme
responsable de l’extinction de l’homme de Neandertal, il y a 40.000 ans.
L’équipe de chercheurs, réunissant
archéologues, modélisateurs du climat du passé, paléoclimatologues et
écologues, dont plusieurs Bordelais (1), privilégie plutôt la compétition avec
les hommes modernes pour expliquer l'extinction des néandertaliens.
L’algorithme a permis de prendre en compte
la localisation des sites archéologiques datés par carbone 14, les
informations géographiques et les simulations à haute résolution des
différents climats en Europe par le passé. Puis, elle projette la distribution
potentielle d'une population à une époque donnée dans une autre phase
climatique de façon à vérifier, après comparaison avec la distribution réelle
de sites archéologiques, si la niche originale a subi une contraction ou une
expansion.
Cela a montré que les hommes
modernes ont occupés des territoires allant jusqu'à une frontière méridionale
marquée par la vallée de l'Ebre pendant la phase froide puis ont investi le
sud de la péninsule ibérique au cours de la phase tempérée suivante. L'étude
conclut que les néandertaliens du sud de la péninsule ibérique auraient été
les derniers à disparaître car ils auraient été préservés de la compétition
directe avec les hommes modernes par la phase froide, au cours de laquelle les
deux populations auraient exploité des territoires distincts.
(15 janvier 2009)
(1) Les chercheurs impliqués appartiennent
au laboratoire « De la préhistoire à l'actuel : culture, environnement et
anthropologie » (CNRS/Université Bordeaux 1/Ministère de la culture et de la
communication/INRAP), au « Laboratoire des sciences du climat et de
l'environnement » (CNRS/CEA/Université Versailles St Quentin), au laboratoire
« Environnements et paléoenvironnements océaniques » (CNRS/Université Bordeaux
1/Ecole pratique des hautes études) et à l'Université du Kansas.
Légende et crédit : © Banks & d'Errico,
Laboratoire PACEA/PLoS ONE La carte illustre la distribution réelle, basée sur
les sites datés de cette époque. Du gris au rouge, la cohérence aux modèles
est croissante. Les cercles indiquent les sites néandertaliens appartenant à
l'événement GI8. La niche des néandertaliens a subi une contraction qui ne
peut s'expliquer, d'après les chercheurs, que par l'expansion de celle des
hommes modernes.
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